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Moneyslave

Moneyslave

Un sujet qui fait polémique non pas à cause de ses origines mais de la façon dont il est aujourd’hui vécu. Les Moneyslave, ces esclaves financier pour qui le don d’argent est un fétichisme profond et dont des jeunes femmes opportunistes mais surtout hors milieu abusent.

« Moneyslave ou Esclave financier : cérébralité accrue »

Le moneyslave ou esclave financier en français est une personne pour qui le don de son argent, voir la spoliation de celui-ci est devenu son fétichisme, sa source d’excitation ou de fantasme. Le mécanisme cérébral mis en jeu est pour le moins surprenant et donc très intéressant : le plaisir ultime du moneyslave est d’être abusé financièrement par une femme dominante.  Je ne pense pas que l’on puisse parler de BDSM mais de fétichisme et/ou de D/s. A la différence du soumis qui souvent aime offrir un cadeau à sa Maîtresse pour lui faire plaisir (et donc prendre plaisir au plaisir de la Maîtresse), le moneyslave lui aime être humilié en étant financièrement abusé, cette humiliation est indispensable à la réalisation de son fantasme.

Sa Maîtresse use de son ascendant pour répondre à ses caprices matériels tout en le lui faisant clairement comprendre. Il est son « pigeon » et il en a pleinement conscience, c’est ce qu’il aime le plus et qui le fait vibrer dans ce rapport et cela n’a rien d’un jeu.

Le moneyslave a besoin d’être réellement et publiquement humilié en étant utilisé comme simple portefeuille. La dimension psychique de sa soumission est donc pour lui plus profonde qu’une domination D/S classique ou physique. C’est ainsi qu’il considère compter pour sa Maîtresse et qu’il se sent important. Il pourrait avoir le sentiment d’acheter sa Maîtresse et c’est en cela que l’humiliation de la parfaite connaissance de son statut est important. Sa Maîtresse n’est pas (ne devrait pas être) une opportuniste, elle est juste totalement indifférente ne trouvant chez son moneyslave qu’un seul intérêt, se faire matériellement plaisir tout en l’humiliant de la situation.

Le moneyslave aime être utilisé/abusé pour le bon plaisir de sa Maîtresse, l’entretenir, la traiter comme une princesse et sous cette forme d’abus, il en simplifie le processus : La Maîtresse est reine et décide, le moneyslave se plie à ses désirs, sans contrepartie.

Il préférera être trainé en séance shopping et sera ravi d’offrir à sa Maîtresse tous ses caprices et lui porter ses paquets, tel un valet. Il aimera être humilié au passage à la caisse en étant traité comme un vulgaire pigeon, ou tout simplement ne pas marcher à la hauteur de sa Maîtresse, les yeux baissés, en se retrouvant donc quelques mètres derrière elle. Certains rêvent tout simplement de se retrouver devant un distributeur et de remettre l’argent retiré à leur « Moneymistress » et de la laisser partir tout de suite après, sans même leur avoir adressé un mot, heureux d’être ainsi abusé et très conscient de l’être.

Il arrive parfois qu’un moneyslave donne la gestion totale de ses finances à sa Maîtresse, heureux d’être déchu de ses droits à ce niveau et ce en pleine âme et conscience. Il aura la satisfaction de traiter sa Maîtresse en princesse, ne pouvant résister à ses caprices, et surtout impuissant face au charme, au caractère dominant et humiliant de sa Maîtresse.

Puisque le Moneyslave prend plaisir à satisfaire sa Maîtresse financièrement, il a besoin de gagner suffisamment d’argent et d’avoir un travail qui lui permettra de répondre à tous les caprices de celle-ci. Il travaillera donc en fonction de cela, et peut être un homme très important au niveau professionnel, ça n’aurait rien d’étonnant bien au contraire. Je peux même comprendre qu’il trouve ici une certaine satisfaction qui lui permette d’être heureux d’aller travailler, même si à des doses très importantes : il travaille ainsi pour sa Maîtresse et c’est sa source principale de motivation. Il travaille pour s’offrir son fantasme de perdre son argent.

« Construction du fantasme de Moneyslave »

Ce fantasme d’être moneyslave pourrait découler en partie du fait de l’indépendance financière des femmes d’aujourd’hui. Elles n’ont ainsi plus besoin des hommes pour vivre et subvenir à leurs besoins : il n’y a plus cette notion de « l’homme du foyer » sous-entendu comme celui qui fait tourner et vivre financièrement le foyer et donc la femme en général.

Ainsi, en choisissant de devenir un esclave financier, il trouve cette même forme de place en subvenant aux besoins matériels et trouve la satisfaction d’entretenir une femme, comme cela était naturel et normal par le passé. A la fois, cette position d’homme du foyer est plutôt dominante, hors le moneyslave est plutôt soumis. Se payerait-il dans ce cas l’illusion de se croire dominant ? Cela paraît alambiqué.

On peut aussi penser que le moneyslave fait partie de ces esclaves gynarchiques pour qui la suprématie féminine est évidente. Il voit en sa Maîtresse une princesse, une reine qu’il se doit de chouchouter et vénérer. Sa cérébralité diffère seulement sur le moyen d’y parvenir par rapport à d’autres types de soumis fétichistes. Pour lui, l’aspect financier entre logiquement en jeu, c’est naturel. Même si cela peut paraître réducteur, il sait que « La femme » aime ce qui brille et l’argent, aussi il s’abandonne en confiant ses biens.

Il participe ainsi à l’élévation du statut social de sa Maîtresse, il fait d’elle une reine et considère que c’est en lui offrant tout ce qu’il possède qu’il la mettra sur un piédestal. Son statut de princesse, de reine n’est acquis qu’après son don. De la même manière qu’un Maître ou une Maîtresse ne tient son titre qu’à partir du moment où un soumis ou une soumise se donne à eux. Donner son argent ou ses biens à sa Maîtresse fait de lui aussi un esclave totalement actif dans sa mise en esclavage, il creuse lui-même la fosse qu’il offre à sa Maîtresse. En cela, je crois que le fantasme de moneyslave, à la base est très profond et donc fort intéressant.

Je rajouterais encore que le moneyslave est un homme et que je n’ai jamais rencontré ce fantasme ou cette projection d’esclave financier chez les femmes, je n’ai rien lu à ce propos.

 « Destruction du fantasme de Moneyslave »

Le Moneyslavering est à mon sens un fantasme ou concept que l’on pourrait considérer comme « mort dans l’œuf » très difficile à vivre probablement et il y a plusieurs raisons pour l’expliquer.

En premiers lieux le numérique a permis l’apparition de nombreuses « Moneymistress » souvent jeunes femmes ayant flairé le bon filon et enchantées d’avoir trouvé un moyen simple d’obtenir quelques cadeaux. Elles vivent cela sans profondeur en commandant à leurs proies de leur faire des « offrandes » en leur envoyant par exemple des bons d’achats sur des sites de e-commerce, des codes pour téléphones etc. Bref, des cadeaux totalement « dématérialisés » en échange desquels,  ces «moneymistress » répondent de quelques phrases virtuelles en guise de domination pseudo cérébrale. L’internet a de grandes limites… Ces « moneymistress » doivent pour beaucoup d’ailleurs être des hommes…

Il n’y a pas vraiment de cérébralité derrière tout cela, et aucune prise en compte du don d’un Moneyslave, elles ne trouvent leur plaisir qu’en recevant leurs offrandes et non en abusant de l’esprit du Moneyslave. Hors le trip cérébral est à mon sens bien là. L’excitation sadique de l’abus et non pas l’abus en soit.

Néanmoins, il est difficile de leur jeter la pierre et je pense qu’elles ne font que répondre à une demande. Dans l’autre sens, des hommes se disent eux Moneyslave et dépensent quelques euros pour s’approcher de très jeunes « moneymistress » en manque de petits cadeaux. Ces hommes vont totalement maîtriser leur dépense et ces jeunes filles tomber dans le panneau. Ce qui est intéressant, c’est que dans ce cas (qui représente 90% des cas) l’homme n’est ni un moneyslave et la (jeune) femme ni une moneymistress mais utilisent, l’un comme l’autre, l’idée d’un fantasme annexe, qui ne les touche absolument pas, pour arriver chacun à leurs fins respectives.

Je ne pense pas que ce soit cela le fantasme du Moneyslave qui demande à mon sens une cérébralité accrue de la part de la Maîtresse et de par ces glissements aujourd’hui nombreux sur Internet, détruisent même l’idée de moneyslave.

Un Moneyslave, s’il veut pouvoir vivre son fantasme, dispose fatalement d’un statut social et professionnel important à la base. Je pense que d’ailleurs ceci aura joué par le passé dans le développement de sa cérébralité et que c’est ce qui le conduira plus tard vers l’exacerbation de son besoin d’être abusé, pigeonné.

Le « vrai » Moneyslave ne pourrait pas se contenter de ces petits achats virtuels et aurait besoin de passer à un abus dans la vie réelle, en suivant sa Maîtresse, en se sachant pigeonné ouvertement et publiquement. C’est bel et bien son statut qui lui permet de vivre son fantasme et de l’offrir à sa Maîtresse. Selon moi, il trouve aussi son plaisir à « tenir » un peu sa Maîtresse avec son argent, car même si elle le prive de ses droits, cette pratique n’existerait pas sans les moyens qui lui sont mis à disposition et dans ce cas, son statut de Moneymistress n’aurait plus aucune valeur. Car oui, n’est pas Moneymistress qui veut probablement car faut-il encore disposer de l’esclave financier qui lui donne son titre.

Le Moneyslavering est un concept qui aurait certainement pu trouver sa place dans le monde fétichiste et BDSM dans ce qu’il pouvait offrir de palpable, de réel, de par ce qu’il impliquait de foncièrement humiliant et cérébral, de borderline oui c’est certain mais surtout pas ces petites escroqueries presque mignonnes.

Aujourd’hui, ce que l’on considère de plus en plus comme du Moneyslavering n’a rien à voir avec le  fantasme de base, d’abandon total, de risque. Il ne s’agirait presque que d’échange de bons procédés entre personnes bien cachées derrière leurs écrans pour quelques bons d’achats en retour de quelques mots ou photos … Alors au final … qui est le pigeon ?

Qu’en avez-vous pensé ? Laissez-moi un commentaire.

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9 commentaires

  1. Bonjour Madame Céline

    Après avoir lu votre texte sur le moneyslave, je me dis certes en première intention cette pratique est éventuellement louable si cela part d’une bonne foi de la Maîtresse et du soumis qui recherche cette frustration et cette humiliation comme vous l’avez bien décrite dans votre premier paragraphe

    Mais hélas cette pratique qui est assez récente a suscité beaucoup d’intérêt notamment chez les jeunes femmes qui en réalité ne sont en rien Dominatrices et a même attiré les escrocs africains ou autres….

    Ne voyant que le côté lucratif sans rien donner en retour et généralement virtuels qui n’aboutit à aucune rencontre ou à du réel si ce n’est de voir le compte bancaire du soumis se vider

    Je ne blâme pas les soumis qui peuvent recourir à cette forme de soumission, du moment que c’est de son plein gré et qu’ils trouvent une satisfaction à leur besoin d’humiliation, mais je doute fort de la sincérité des femmes qui pratiquent cela et si certains soumis s’y prêtent c’est à mon avis par désespoir de ne pouvoir trouver une Maîtresse ou voient par ce biais ( sans jeu de mot ) une manière de pouvoir approcher enfin une Dominatrice

    Pour ma part je ne considère pas cette pratique comme un gage de soumission mais plutôt juste confirmer que le soumis a des moyens financiers , souvent quand je rentre en dialogue avec des sois disant  » Maîtresse « , au bout de 5 minutes, elles me demandent une offrande pour prouver ma soumission, je pense qu’il y a d’autres moyens pour prouver que je suis bien un soumis

    Respectueusement

    • Céline Messine

      Bonjour,

      Mon écrit va dans votre sens aussi. C’est une pratique qui, sous certaines conditions, pourrait être forte attirante créant un lien très unique mais malheureusement et comme beaucoup de choses finalement dans ce « monde » l’abus est de mise.

  2. Bonjour CAPSF , j’aimerai que l’on puisse communiquer par email car je suis exactement dans la même situation que vous et j’aimerai vraiment m’en sortir.

  3. Le moneyslavery, vaste sujet… Je le pratique mais rarement car passer plus de temps à me justifier de ne pas être une gamine qui pigeonne sans plaisir m’énerve… Pour moi, le moneyslavery c’est en réel et ça ne se limite pas à prendre de l’argent. Il y a une grosse part de cérébralité qui beaucoup ne saisissent pas.

  4. Bonjour,

    En tant que « moneyslave », je trouve cet article fort intéressant, me touche particulièrement, et m’interpelle.
    Après avoir sombré de plus en plus dans cette forme de fantasme, qui se transforme en dépendance, je pense qu’elle peut être considéré comme une maladie et une addiction, très dangereuse et difficile à vivre.
    Après avoir dépensé des dizaines de milliers d’euros (au bas mots, je pense que je pourrais me payer une très belle BMW, ou un petit appartement), je suis aujourd’hui au bord du gouffre, endetté, alors que fondamentalement, je suis une personne économe voir un peu radine, je vous laisse imaginé mon état psychologique…
    Je lutte aujourd’hui, pour me maintenir à flot, et surtout me libérer de cette dépendance. Cela peut paraître simple, mais c’est extrêmement difficile.

    Raconter ici, comment j’ai sombré, serait trop long, et je pense, que ça n’intéresse personne, mais je serais très heureux de pouvoir échanger sur ce sujet, surtout pour essayer de trouver le moyen de se libérer, de libérer son esprit, et revivre sereinement.

    PS: Merci Céline, pour ce blog, et cet article

    • Céline Messine

      Bonjour et merci pour ce témoignage, tous les fantasmes les plus « borderline » lorsqu’ils sont poussés à leur maximum peuvent engendrer des catastrophes. Je ne sais pas quoi vous conseiller mais si cette dépendance vous met dans une telle situation, je crois qu’il serait judicieux pour vous de vous tourner vers un professionnel, un psychologue qui vous aidera peut être à maîtriser tout cela, à vous comprendre. Je ne pense pas que votre histoire n’intéresse personne, au contraire, si cela se trouve d’autres moneyslave ayant poussés trop loin leur appartenance sont peut être eux aussi dans votre situation et votre détresse. Tout est toujours une question d’équilibre. Je vous remercie par ailleurs pour les remarques positives sur mon blog, le formulaire de contact vous permet de m’envoyer un message privé si vous ne souhaitez pas étaler ici votre vie. Bon courage !

    • Bonjour, je viens d’apprendre ce qu’est un Moneyslave et je aimerai beaucoup savoir comment vous avez succombé a ce fétichisme onéreux.

    • Bonjour,
      Connaissant cette pratique depuis peu, je me documente et je suis tombée sur cet article intéressant!
      En effet, il y a peut etre comme vous l’avez dit 90% qui joueraient un jeu, dérivant du moneyslaving.
      J’ai un contact avec un money slave « vrai » qui me demande de l’utiliser que comme portefeuille…jusquà aller à le mettre à la rue!
      C’est son envie, sa demande.. il veut que je lui promette cela; mais puis-je accepter, et continuer à vivre avec ça ,après, sur la conscience?
      Il m’a demandé d’y réfléchir…et a peur que je n’aille pas jusqu’au bout de ma promesse qui est celle de le dépouiller complètement!
      Merci s’il y a des témoignages dans ce sens..

  5. Bonjour Madame,

    Article très intéressant une fois de plus.
    Pour moi il me semblait en effet qu’il s’agissait d’une pratique ayant court surtout sur Internet.
    Comme aucun rapport au sexe n’est nécessaire dans ce type de relation, puisque nous sommes essentiellement sur du cérébral, Internet facilite ce genre de rapport.
    Maintenant je vous rejoins lorsque vous classifiez le Moneyslave dans la catégorie du Fétichisme et non du BDSM.
    Il n’y a aucun rapport au sexe, tout tourne autour du cerveau.

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