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Soumission : Accepter la solitude comme acte de soumission

Soumission : Accepter la solitude comme acte de soumission

Dans le cas fréquent où une soumise ne vit pas avec son Maître et que sa soumission se veut absolue et totale, celle-ci fait face à des périodes d’attente, de solitude plus ou moins difficiles à supporter. Tristesse, impatience, insolence, sont des stades que j’ai pu dépasser au fil du temps comprenant et acceptant la soumission absolue que je voue à Mon Maître.

Soumission : ne pas se perdre en l’absence du Maître

Je vis ma condition de soumise en permanence mais je ne vis pas pour autant avec Mon Maître. De mon côté, je n’ai pas de vie privée en l’absence de Mon Maître, je suis célibataire dans ma vie quotidienne et ce depuis que je l’ai retrouvé.

Il m’a fallu du temps pour supporter ces moments d’absence où je me retrouvais seule et je sais que c’est le cas de beaucoup de mes consœurs, c’est pourquoi j’ai voulu ainsi témoigner de comment j’ai pu me délivrer de ces souffrances à travers ma soumission.

Je suis parfaitement convaincue que lorsque j’ai retrouvé Mon Maître il y a quelques années, me retrouver ainsi seule au quotidien était nécessaire dans ma soumission. J’étais complètement instable et je pense que j’avais besoin de cela pour me rééquilibrer. Apprendre à ne plus subir ma sexualité et à la contrôler. En l’écrivant je me dis que c’est évident mais il m’a fallu un certain temps avant de le vivre avec cette conviction. Mon Maître m’a imposé cette vie seule face à moi-même et je comprends bien pourquoi aujourd’hui il a tracé les chemins de ma soumission ainsi.

Je crois que je suis passée par toutes sortes de sentiments, le manque, la jalousie, l’impatience, la tristesse, l’insolence, la peur de le perdre etc. A vrai dire je le vivais très mal et ne pensais pas qu’un jour je le surmonterais, Mon Maître communiquait pourtant en permanence avec moi au moindre besoin.

Je pense que dans ces moments, cela dépassait ma raison, je ne maîtrisais absolument pas mes émotions. Je ne Lui en tenais jamais rigueur mais je ne me rendais pas compte à quel point je pouvais le culpabiliser de son absence physique. Je détestais mon comportement indigne de ma soumission et Mon Maître a su me délivrer de mes maux.

Soumission : la force de l’abnégation

Je crois que c’est le jour où j’ai pris conscience que mon comportement était en totale contradiction avec ma condition de soumise, avec ma soumission que cela a commencé à évoluer. J’ai pu rationaliser les faits, constater que je me faisais bien plus de mal qu’autre chose. Cela n’a jamais enlevé le manque, évidemment mais cela m’a apaisée.

Je m’infligeais moi-même ces souffrances alors que ce célibat, je l’avais aussi souhaité bien que Mon Maître me l’avait demandé. Je me suis rendue compte que cela fait aussi partie de ma condition de soumise, de ma soumission et que cela montre à Mon Maître l’abnégation dont je fais preuve pour lui, que je lui appartiens et que je mesure l’importance de cette appartenance. Que quelle que soit la vie que cela m’impose que d’être sa soumise, si tel est mon choix d’entrer en soumission, alors je dois l’affronter. Etre soumise n’est pas choisir soi-même ce que l’on veut ou ce que l’on ne veut pas même si je sais que c’est très à la mode que la soumise souhaite ceci ou cela. Je le dis sans sourciller, pour moi, ce n’est pas de la soumission ou du moins c’est un « jeu » de soumission dans lequel la soumise édicte ses propres règles. Ce n’est pas comme cela que je vois la vie d’une soumise ni comme cela que je le ressens au fond de moi. Une soumise obéit. Personne ne l’oblige à se qualifier de soumise mais si elle veut se titre, alors elle se soumet et le mérite !

Je n’avais encore jusque-là jamais vécu seule et revenir dans ma région natale n’avait pas été simple. Je n’avais aucune vie sociale, mes rapports familiaux étaient très tendus et j’ai fini par réaliser que c’est cela qui me pesait et non son absence.

Accepter la vérité m’a soulagée pour commencer même si cela ne comblait pas mes manques. J’ai simplement décidé un jour d’arrêter de souffrir et Mon Maître lui m’a aidé à reconstruire ma vie sociale et mes rapports familiaux. Il savait que j’avais besoin de ces attaches là, profondes, sincères bien que j’en doutais fortement. Je me suis accrochée à ma confiance en lui et à mon abnégation pour mon plus grand bien, encore une fois.

Je crois bien que j’avais une certaine aigreur plutôt surprenante pour une jeune fille de mon âge, je pense que j’en voulais au monde entier de tout ce que j’avais traversé de l’âge de 14 à 22 ans et que je ne voulais pas tourner la page et vivre le présent. Je me sentais mieux quand je me sentais mal. Paradoxal.

Ce poids du passé s’est estompé rapidement lorsque je l’ai accepté et j’ai arrêté d’attendre en permanence sur la présence de Mon Maître pour avancer. Je mentirais si je disais que je ne suis pas dépendante de Lui, je le suis complètement mais j’ai compris que cela ne devais pas m’empêcher de vivre lorsqu’il n’est pas présent selon ses directives. Ce temps que je perdais à ruminer ou à m’apitoyer ne portait préjudice qu’à moi-même et m’empêchait d’avancer.

Cela a équilibré Notre relation, je suis devenue plus sereine et j’imagine que cela a pu aussi renforcer la confiance que Mon Maître a en moi. J’ai appris à profiter à fond des moments où il est présent au lieu de penser à sa future absence. Je me suis délivrée de la prison dans laquelle je m’étais moi-même enfermée, avec son soutien et ses instructions. La soumise en moi a progressé, ma soumission a évolué.

Soumission : évoluer en Son absence

Je suis devenue fière de mon abnégation, de ma soumission et de l’évolution dont j’ai fait preuve. Cela n’a pas toujours été facile, Mon Maître a par exemple du s’absenter plusieurs semaines, c’était un moment difficile dans sa vie et j’ai dû combattre mes pensées négatives. J’ai pensé au soutien que je pouvais lui apporter en lui offrant cette abnégation totale et cela m’a aidé à tenir et à continuer de vivre mon quotidien sans le culpabiliser ou me faire du mal. Après tout cela ne sert strictement à rien si ce n’est risquer de mettre à mal la relation.

J’ai profité de ce moment pour me sonder, faire des bilans de mon évolution. J’ai cherché le positif et j’ai mis de côté le négatif. Le manque sexuel j’ai pu le gérer en me masturbant, Mon Maître ne me demande pas de me frustrer sexuellement comme beaucoup de pseudos maîtres le font probablement par manque de confiance en eux et moi qui avait longtemps subi mes pulsions sexuelles, j’ai réussi ainsi à les maîtriser ainsi.

Je sais aujourd’hui que si je n’avais pas retrouvé Mon Maître, je n’aurais jamais pu trouver cette sérénité et cette force d’esprit en moi. Ne pas considérer mon célibat comme un défaut mais une force, un passage nécessaire. J’ai continué de me concentrer là-dessus et à renforcer encore mon esprit. Je pense d’ailleurs que cela a aussi fait grandir mon estime et ma confiance en moi. Ma vie sociale a évoluée dans le bon sens, je suis devenue plus avenante et par ailleurs j’ai pu renouer des liens familiaux sains et solides.

Je ne dis pas que le manque disparaît mais je l’accepte plus facilement car je sais que lorsque je me retrouve à ses pieds, j’en suis d’autant plus heureuse. Ce manque empêche quelque part aussi de s’installer une routine et renforce en permanence ma soumission envers Lui.

J’ai réalisé que l’on a toujours le choix, que dans ce genre de cas si l’on est triste ou malheureux, c’est qu’on le veut bien. Je sais que je ne suis pas parfaite et que j’ai encore beaucoup de progressions qui m’attendent mais je sais qu’avec cette abnégation totale, je suis sur le bon chemin de la soumise que je veux être et de la soumission que je veux donner.

Soumission : gérer la frustration sexuelle

Si certains maîtres aiment imposer la frustration sexuelle à leur soumise en leur absence, ce n’est pas du tout le cas de Mon Maître qui considère la frustration néfaste pour mon éducation et pour l’éducation des soumises en règle générale.

C’est pourquoi il m’a appris à me masturber sans gêne, de manière à ce que je puisse accéder à ma jouissance en m’excitant de mes pulsions du moment. Il me demande régulièrement quelles ont été mes pensées afin d’évaluer l’évolution de mes fantasmes et désirs.

Je réalise en les lui confiant que ces séances masturbatoires me permettent d’assumer d’autres désirs que j’enfouissais, par honte, par déni. Je me découvre toujours mieux et progresse dans ma quête des plaisirs.

Je considère la frustration comme une punition et même si les désirs de Mon Maître passent avant les miens, le fait de sonder en moi pour découvrir mes désirs profonds m’épanouie et renforce mon dévouement, ma reconnaissance grandie toujours plus ainsi que mon appartenance. Ma soumission sous ses ordres et directives me libère. Paradoxal ?

Les désirs de la soumise n’évoluent pas en cas de frustration, elle se contente de répondre à ceux du maître et ne découvre pas ceux qui peuvent être enfouis en elle. Je pense que ce genre de directives amène à subir la soumission au lieu de s’épanouir à travers elle. Il n’y a plus de recherche de dépassement de soi mais de la contrainte pure et dure sans réel but si ce n’est la satisfaction des désirs sexuels du maître. Ce n’est pas la voie tracée par Mon Maître et là encore, je ne peux que lui en être reconnaissante et comprendre toujours un peu plus pourquoi Il est Mon Maître et pourquoi je me soumets sans limites aucune.

Soumission : après la solitude

La vie « cléricale » que Mon Maître m’a demandé de suivre depuis que je l’ai retrouvé n’est pas une fin en soi et je le sais. Elle fait partie de mon éducation, de ma soumission. Cela était un passage nécessaire pour que je me retrouve seule face à moi-même et je sais que cela a été totalement bénéfique pour ma vie de tous les jours et pour la compréhension de moi-même. Mon Maître a voulu que je vive seule, que je me retrouve face à moi-même et là encore Il avait vu juste en me faisant ouvrir peu à peu les valves vers l’extérieur. Il m’a fait reconstruire d’abord mes liens familiaux puis ensuite mes liens sociaux, puis a encadré mon parcours professionnel tout en me montrant que je pouvais gérer mes propres pulsions sexuelles. Me faire vivre ainsi, seule dans Son attente, m’a aussi permis de me rendre compte à quel point je Lui suis soumise. C’était le chemin idéal qu’il fallait que je prenne pour atterrir de mes années passées à me détruire auprès de pseudos maîtres. C’est parfois très troublant de se dire que Mon Maître tape toujours juste, Il me connaît mieux que moi-même et comme aux échecs, Il a toujours quelques coups d’avance. Oui il fallait me mettre dans cette vie esseulée pour que je me rende compte de tout cela, de mes forces intérieures, du don que je fais, de ma soumission absolue. Il fallait casser ainsi le passé pour réaliser le présent et construire le futur. Se regarder en face.

Je me suis aussi rendue compte qu’aujourd’hui, si le manque de présence de Mon Maître me joue encore parfois des tours, c’est simplement parce que j’ai découvert que je pouvais m’entendre avec une jeune femme et qu’elle pourrait partager cette vie atypique avec moi. J’ai eu l’occasion de vivre cela quelques temps avec une jeune soumise et cela m’a beaucoup marquée. Je sais que je pourrais vivre avec quelqu’un ou plutôt quelqu’une et que je ne suis pas condamnée à la solitude de la soumise.

Alors aujourd’hui il m’arrive encore d’être un peu triste de ne pas pouvoir partager cela avec une jeune femme surtout depuis que j’ai vu que cela est possible. J’ai tout simplement trouvé ainsi la voie de mon avenir qui correspond totalement à ma vie atypique. Mon Maître me l’avait déjà suggéré mais je crois que sans l’avoir vécu j’avais du mal à imaginer le résultat.

Je sais par contre que cela fait partie de ma progression, du fait que maintenant j’évolue également en tant que domina et que j’ai ouvert mon affect aux femmes et accepté le lesbianisme profond en moi. Devrais-je dire bisexuelle ou pan-sexuelle. J’ai ce besoin aussi maintenant de disposer de ma propre soumise pour m’équilibrer affectivement. Cela n’est pas encore le cas mais je connais ma voie et en cela, beaucoup de ressentis négatifs sur un avenir sombre s’envolent au profit d’une vision possible du futur.

Quoiqu’il en soit, j’ai arrêté de me pourrir la vie avec des pensées négatives qui en plus atteignaient Mon Maître. Je sais qu’Il fait le maximum pour être le plus souvent présent et que la vie fait que ce n’est pas toujours aussi simple et que s’il n’est pas présent physiquement, il est toujours là, pas loin, à quelques mètres, à quelques clics.

Mon rôle de soumise est de l’accepter comme tel et non de le faire culpabiliser. Passer son temps à attendre son Maître et en être triste risque de gâcher les moments de présence et de ralentir la progression de la soumise et limite le degré de soumission.

Etre capable de le supporter montre simplement à quel point l’abnégation pour son Maître est importante et donc le respect que l’on a envers lui est profond. Quand on appartient réellement à son Maître, nous sommes quelque part toujours en sa présence, son éducation ne s’arrête pas avec la porte qu’il referme en repartant de chez nous.

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5 commentaires

  1. Bonjour Céline,
    Me voilà séparée de Mon Maître pour plus de 6mois alors que je suis en plein apprentissage et votre texte me touche et me réconforte dans tout les tourments que cette séparation m’impose.
    Je reconnais beaucoup Mon Maître lorsque vous parlez du votre, pensant en premier lieu au bien être de sa soumise et je n’avais pas pensé au fait que mes actes, mes mots pouvaient le culpabiliser, me faisant perdre mon objectif de tout faire pour son bonheur…
    Aujourd’hui encore je me sens comme une chienne égarée dans Mon Maître auprès de moi mais j’espère pouvoir avoir comme vous la force de outrepasser le manque pour devenir meilleure.

    Merci

  2. Merci pour ce texte, ainsi que pour tous les autres d’ailleurs.
    Ils nous ont beaucoup aidé à formuler notre relation, même si chaque situation est par nature spécifique, nous nous retrouvons grandement dans ces écrits.
    Nous sommes tous deux desormais des lecteurs assidus et attentifs.
    Bises
    doumise n. & Maître D.

  3. Merci de ton talent à écrire ta soumission avec une telle acuité sensible et accessible à tous et à toutes : exigeante d’honnêteté, de respect, de compréhension et d’épanouissement.
    Merci et tous mes compliments à ton Maître.

  4. Bonjour Madame,

    Comme toujours je ne peux que vous remercier pour ce témoignage.
    Je l’ai trouvé particulièrement touchant. Je me trompe peut-être mais c’est la première fois que je vous lis et que je ressens autant vos sentiments.
    Lorsque l’on ne connait que le négatif autour de soit le positif fait peur car on ne connait ni ses règles ni ses codes.
    On se complait dans le négatif.
    Encore une fois tout réside dans la confiance l’un envers l’autre. C’est la seule clé de la réussite d’un couple, quel qu’il soit.

    Merci encore,

    Vincent

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